Vinci - apogée et déclin des civilisations

Publié le par damaloch

 

 

 

 

Vue d'ensemble

Vinci est un jeu de conquête qui fait naître, évoluer puis décliner des civilisations sur une grande période de temps. Chaque joueur gère une succession de civilisations qu'il aura choisies sur un tableau d'arrivée des civilisations (en en payant éventuellement le cout en points de victoire). Une civilisation est définie par deux caractéristiques tirées au hasard parmi 52 (2 fois 26). Les combinaisons sont donc illimitées ou presque.

Chaque caractéristique détermine le nombre de pions peuple disponibles ainsi qu'un avantage particulier. Cet avantage peut être militaire (cartes roses), géographique ou divers (cartes bleues) ou vous rapporter plus de points de victoires suivant les provinces occupées (cartes jaunes).

 

 

On gagne des points en occupant des provinces, qu'il vous faudra au préalable conquérir. Le coût de conquête d'une province dépend de sa nature (montagne, forêt, etc) mais aussi du nombre de pions qui la défendent. Après cette phase de conquête, vous vous réorganisez puis vous comptez les poins de victoire acquis grâce aux provinces occupées.

Comme le nombre de vos pions peuples (défini par votre civilisation) est fixé dès le départ, votre expansion est forcément limitée. Arrive un moment où vous ne pouvez plus qu'occuper des provinces. Il est alors largement temps pour vous de faire décliner cette civilisation et d'en choisir une nouvelle qui émergera d'un bord de la carte. Votre ancienne civilisation est maintenant inerte mais elle continue à vous rapporter des points de victoire pour les provinces qu'elle occupe.

 

 

Vous avez à chaque fois le choix entre un tour de jeu d'expansion au cours duquel vous jouez et étendez votre civilisation active, ou un tour de déclin au cours duquel vous choisissez votre prochaine civilisation.

Dès qu'un joueur atteint le nombre de points de victoire requis, on termine le tour et le joueur avec le plus de points l'emporte.

 

 

A mon avis

Vinci dispose d'un matériel de très bonne qualité. Le plateau de jeu est agréable, bien étudié et vraiment fonctionnel. Les règles sont simples et bien écrites (dans la 2ème édition du jeu). Un résumé des règles illustré et des aides de jeu viennent encore faciliter la prise en main.

 

Sous des aspects jeu de conquête, Vinci se révèle en fait être un jeu de gestion et de négociation avec une forte composante opportuniste.

En effet, quand vous jouez votre peuple actif, il vous suffit de compter vos pions et de voir quelles provinces vous voulez obtenir et éventuellement à quel adversaire vous voulez nuire. La réorganisation est tout aussi simple puisque vous installez vos pions peuples en fonction de vos intérêts (province à haut rendement, menacée, etc.).

A Vinci, c'est le joueur qui saura le mieux gérer ses déclins qui remportera la partie. Pour cela, il est nécessaire d'avoir une bonne vision d'ensemble de la partie : quelles sont les potentiels de développement de chacun des autres joueurs, quel est leur rendement (en point de victoire par tour), mes voisins sont-ils en capacité de me nuire, combien me rapporte encore ma civilisation en déclin (et donc combien vais-je perdre de points si je décline à nouveau), quelle civilisation est disponible sur le tableau d'arrivée, où vais-je la faire apparaître, qui est susceptible de décliner si je ne décline pas, etc etc. Autant de questions qu'il est indispensable de se poser à chaque tour de jeu. Lorsque vous commencez à maitriser ces aspects, vous en arrivez même à vous projeter dans le futur déclin de la civilisation que vous allez choisir !

Ajoutez à ça une bonne dose de négociation et de moubourrage, et vous aurez un jeu complet et hautement opportuniste.

 

Vinci n'est pourtant pas un jeu riche. Ses mécanismes sont simples et la composante stratégique est faible. Tout l'intérêt du jeu vient d'une double idée de génie :

Tout d'abord c'est le fait de définir les civilisations par deux caractéristiques aléatoires qui rend le jeu si intéressant, et qui assure un grand renouvellement  des parties.

Ensuite, c'est le fait de disposer les civilisations sur un tableau d'arrivée mobile. Ce tableau dynamique a un impact direct sur le coût (voire le gain) en points de victoire d'une civilisation. La prime aux civilisations « anciennes » joue énormément dans le choix, et on est quelquefois contraint de choisir une civilisation pour éviter de faire gagner trop de points à un autre joueur. De la même manière, au moment de choisir, certaines civilisations sont trop chères au regard du bénéfice qu'on peut en tirer.

 

 

En conclusion

Annoncé pour être jouable de 3 à 6 joueurs (et même en solitaire ou à deux avec les variantes proposées en fin de livret de règles), Vinci trouve sa configuration optimale dans le jeu à 3 ou 4 joueurs. A 5 et surtout à 6 joueurs, le faible nombre de pions d'armées limite la capacité d'expansion de chaque peuple, ce qui a pour effet pervers de rendre les civilisations de haut de tableau d'arrivée trop chère pour ce qu'elles rapportent. Solipsiste, grand analyste de jeux de plateau, a heureusement concocté une variante qui contre efficacement cet effet pervers.

S'il faut trouver un défaut à Vinci, c'est dans son effet « catch the leader ». Le joueur en tête sur la piste des scores se retrouve invariablement la cible de ses comparses, jusqu'à ce qu'il laisse la place à un autre joueur qui sera lui aussi victime du même acharnement. Ce qui devient le premier sujet de discussion entre joueurs. Et vous permettra de mettre à l'épreuve vos talents de moub euh... d'orateur.

 

Au final, Vinci est certainement LE jeu de gestion de civilisation, version moderne. Simple, agréable, court (surtout comparé aux mastodontes), interactif, il fait partie des indispensables de toute bonne ludothèque.

 

 

Vinci sur le web 

 

La fiche sur Tric Trac

La fiche sur Jeuxsoc

La ludothèque idéale de Bruno Faidutti

La règle sur le site de Moissy-Cramayel

La FAQ chez Ludigaume

 

 

 

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